Le mot du premier fédéral
Faire confiance à notre jeunesse
« L’éducation est le point où se décide si nous aimons assez le monde pour en assumer la responsabilité », écrivait Hannah Arendt. Cette responsabilité nous oblige d’abord à regarder notre jeunesse non comme un problème à gérer, mais comme une promesse à accompagner. Pierre Bourdieu nous a, lui, appris combien l’école pouvait reproduire les inégalités sociales lorsque l’origine, le territoire ou le capital culturel déterminent encore trop souvent les trajectoires. Dans un département rural et populaire comme le nôtre, ces réflexions prennent une résonance toute particulière.
Soutenir les lycéennes et les lycéens, c’est donc défendre leur droit à étudier dignement, à être entendus et à construire librement leur avenir.
Face aux inquiétudes exprimées ces dernières semaines, notre responsabilité est celle du dialogue : écouter les élèves, les familles, les enseignants et les personnels, refuser que la jeunesse devienne l’objet d’affrontements politiques et remettre au centre l’égalité des chances et la réussite de chacun.
Dans l’Aisne, cela doit surtout se traduire en actes : défendre nos lycées, lutter contre les inégalités territoriales, améliorer les transports et les conditions d’études, soutenir l’accès à la culture, à l’enseignement supérieur et à l’émancipation. De Château-Thierry à Saint-Quentin, de Soissons à Hirson, notre ambition doit rester la même : qu’aucun jeune ne pense que son avenir est déjà écrit parce qu’il est né ici plutôt qu’ailleurs. Faire confiance à la jeunesse, c’est lui donner réellement les moyens de choisir son avenir.
Amine
